Les instances de démocratie sanitaire (CRSA Conférence régionale de santé et de l’autonomie et CTS Conseil territorial de santé) ont été consultées ces derniers jours pour émettre un avis sur les objectifs pluriannuels de formation des professionnels de santé (médecine, pharmacie, odontologie, maïeutique) pour les années 2026-2030.
Les propositions faites par l’Agence Régional de Santé Pays de la Loire retiennent le même niveau d’étudiants à former que pour 2025, en hausse de l’ordre de 20% par rapport à la période 2016-2020.
Les représentants de France Assos Santé Pays de la Loire à la CRSA ont souhaité faire voter le texte ci-dessous marquant leur inquiétude sur l’absence de vision par rapport à la véritable question à se poser :
Le nombre d’étudiants rentrant en formation permettra-t-il de répondre aux besoins de santé des ligériens dans les années à venir ?
Ce texte a été adopté à l’unanimité par la CRSA.
Aujourd’hui le vécu d’un certain nombre d’usagers de notre région, c’est :
- la difficulté à trouver un médecin traitant
- les délais très longs pour avoir un RDV chez un médecin dans certaines spécialités
- la fermeture temporaire de certains services hospitaliers faute de professionnels de santé (Urgences, soins palliatifs…)
- les déficits de médecins dans des secteurs comme la médecine du travail et scolaire….
- les retards entraînés dans la réalisation des actes de prévention (exemple mammographies pour cancer du sein etc.)
Dans la présentation de la demande d’avis proposé par l’Agence Régionale de Santé, il est indiqué :
« La proposition d’objectifs pluriannuels doit être basée sur les besoins de santé du territoire et l’évaluation des Unités de Formation et de Recherches de leurs capacités de formation en 1er cycle, 2nd cycle et cycle court »
Pouvons nous répondre que les schémas de formation proposés pour le deuxième cycle répondront aux besoins de santé des territoires et donc des usagers à 5, 10, 15 ans en intégrant en particulier l’abandon d’études en cours de formation ?
Pour la CRSA, l’absence ou la non prise en compte d’un grand nombre d’éléments ou d’indicateurs ne permettent pas de répondre positivement à cette question légitime pour tous les ligériens :
- le nombre de médecins à l’horizon 2026 et 2040 est indiqué en nombre et non en équivalent temps plein,
- la cartographie par territoire du nombre de patients n’ayant pas de médecins traitants serait nécessaire pour déterminer les besoins de santé par territoire (en indiquant les variations au fil des années),
- l’évolution de la patientèle par médecin et par territoire permettrait de voir les tendances de ces dernières années, en particulier liées à l’augmentation du salariat et aux différentes modalités d’installations groupées…
- l’analyse de l’efficacité des mesures prises orientant l’implantation des médecins dans les territoires en difficultés serait nécessaire,
- l’évolution du nombre de spécialistes est importante en pointant ceux en extrême tension, voire inexistants sur certains territoires
- l’apport des Infirmier(e)s en Pratique Avancée est bien affirmé, mais il n’y a aucune indication sur le nombre de formations annuelles et leurs orientations d’exercice à ce jour (médecine de ville, hôpitaux…)
- la visibilité des actions de l’ARS mises en place pour réduire les inégalités de santé sur la région (y compris territoriales) et impliquant nécessairement des médecins
De même les capacités de formation et surtout leur évolution ne sont pas suffisamment analysées pour déterminer si ces moyens correspondent réellement aux besoins.
Ces éléments d’analyse doivent permettre de donner plus de perspectives objectives pour déterminer les besoins de formation des années à venir sur la Région Pays de la Loire.
Nous demandons donc que ce texte, dans le cadre de l’avis donné par la CRSA sur les objectifs de formation des professionnels de santé, soit incorporé à cet avis et que les suites données par le Directeur Général de l’ARS soient communiquées à la CRSA.